In Le Devoir on April 16, Raja Hammoud delivers “When words kill before bombs,” an opinion column that manages to stretch a fairly thin argument across roughly 600 words. One almost suspects it was a slow opinion day. Stripped of its abstractions, Hammoud’s central complaint is simple: she would prefer that the victims in Lebanon that she identifies with be more fully humanized in Western media coverage, and, by implication, that less attention be paid to those with whom she does not empathize. That’s not a profound linguistic insight; it’s a selective moral appeal dressed up in academic language.
Hammoud opens with grand pronouncements about how “words change” before violence and how people become “threats” or “terrorists.” It’s a familiar thesis, and not entirely wrong in the abstract. But the piece never meaningfully engages with the fact that some actors in these conflicts are, in fact, terrorists by any conventional definition. Instead, she collapses distinctions, warning that labeling leads to “dehumanization,” while sidestepping the uncomfortable reality that terrorist groups like Hezbollah explicitly define themselves through armed struggle. The result is less an analysis of language than a refusal to grapple with what the language is describing.
Her choice of examples says more than the argument itself. Readers are told that “entire populations such as Palestinian and Lebanese are too often reduced to labels,” and that there exists a “disturbing asymmetry” where “some lives are recounted… others are reduced to numbers.” It’s an evocative claim, but also an unexamined one. Whether such a hierarchy exists, and who occupies which rung, depends almost entirely on what media one consumes.
Western outlets routinely provide extensive coverage of civilian suffering in Gaza and Lebanon, often with vivid personal detail. Meanwhile, coverage in other regions frequently erases Israeli victims altogether or reduces them to faceless extensions of state power. Hammoud’s critique is not universal; it is narrowly Western-centric while posing as globally principled. The posture of moral neutrality – “dehumanization is universal” – doesn’t survive contact with the examples she selectively chooses.
More telling is what goes unsaid. Hammoud criticizes phrases like “bombed Hezbollah targets” as distancing language, asserting that “in reality, it is often civilians who have been hit.” The word “often” is doing a lot of work here, standing in for evidence that never arrives. There is no acknowledgment that Hezbollah embeds itself within civilian infrastructure, a fact widely documented and central to understanding why civilian casualties occur. By omitting this context, the article doesn’t illuminate language, it distorts reality. If anything, it demonstrates the very “moral neutralization” it claims to oppose, by blurring the line between deliberate targeting and tragic consequences.
Then there is the sweeping claim about global empathy: that when violence occurs in “Europe or North America… the entire world is shaken,” whereas devastation in places like Gaza or Beirut is met with comparative silence. This is simply not borne out by the saturation coverage, protests, and international attention those conflicts receive. If anything, the imbalance often runs in the opposite direction, with disproportionate scrutiny placed on Israel’s actions relative to other conflicts. Hammoud’s framing depends on ignoring that broader media ecosystem.
The author’s own positioning deserves scrutiny. While introduced by Le Devoir as a “psycholinguist,” Hammoud’s recent work (since the year 2000) is in visual arts, where her biography claims that “Raja Hammoud’s hand always gives rise to an openness to the other.” That aspiration is difficult to reconcile with a piece that claims universality while remaining firmly confined to a single, selective narrative.
Openness requires engaging with complexity, even when uncomfortable, not smoothing it over with generalized claims about “words” and “violence,” as Raja Hammoud has done.
Le Devoir publie une chronique décousue de l’artiste Raja Hammoud affirmant que l’Occident efface les victimes libanaises, tout en passant sous silence les destructions causées par le Hezbollah
Dans Le Devoir du 16 avril, Raja Hammoud livre « Quand les mots tuent avant les bombes », une chronique d’opinion qui parvient à étirer un argument plutôt mince sur environ 600 mots. On pourrait presque soupçonner une journée pauvre en opinions. Dépouillée de ses abstractions, la plainte centrale de Hammoud est simple : elle préférerait que les victimes au Liban auxquelles elle s’identifie soient davantage humanisées dans la couverture médiatique occidentale et, par implication, que l’on accorde moins d’attention à celles pour lesquelles elle n’éprouve pas d’empathie. Ce n’est pas une réflexion linguistique profonde ; c’est un plaidoyer moral sélectif habillé d’un langage académique.
Hammoud ouvre avec de grandes déclarations sur la façon dont « les mots changent » avant la violence et comment des personnes deviennent des « menaces » ou des « terroristes ». Il s’agit d’une thèse familière, et pas entièrement fausse dans l’abstrait. Mais le texte ne s’engage jamais de manière significative avec le fait que certains acteurs de ces conflits sont, en réalité, des terroristes selon toute définition conventionnelle. Au lieu de cela, elle efface les distinctions, avertissant que l’étiquetage mène à la « déshumanisation », tout en éludant la réalité inconfortable que des groupes terroristes comme le Hezbollah se définissent explicitement par la lutte armée. Le résultat tient moins de l’analyse du langage que d’un refus d’affronter ce que ce langage décrit.
Son choix d’exemples en dit plus que l’argument lui-même. On affirme aux lecteurs que « des populations entières comme les Palestiniens et les Libanais sont trop souvent réduites à des étiquettes », et qu’il existe une « asymétrie troublante » où « certaines vies sont racontées… d’autres sont réduites à des chiffres ». C’est une affirmation évocatrice, mais aussi non examinée. Que cette hiérarchie existe ou non, et qui occupe quel rang, dépend presque entièrement des médias que l’on consomme.
Les médias occidentaux offrent régulièrement une couverture étendue des souffrances civiles à Gaza et au Liban, souvent avec des détails personnels saisissants. Pendant ce temps, la couverture dans d’autres régions efface fréquemment les victimes israéliennes ou les réduit à des prolongements sans visage du pouvoir étatique. La critique de Hammoud n’est pas universelle ; elle est étroitement centrée sur l’Occident tout en se présentant comme fondée sur des principes globaux. La posture de neutralité morale – « la déshumanisation est universelle » – ne résiste pas aux exemples qu’elle choisit de manière sélective.
Ce qui n’est pas dit est encore plus révélateur. Hammoud critique des expressions comme « cibles du Hezbollah bombardées » comme un langage distanciant, affirmant que « dans la réalité, ce sont souvent des civils qui ont été touchés ». Le mot « souvent » accomplit ici un travail considérable, remplaçant des preuves qui n’apparaissent jamais. Il n’y a aucune reconnaissance du fait que le Hezbollah s’implante au sein d’infrastructures civiles, un fait largement documenté et essentiel pour comprendre pourquoi des pertes civiles surviennent. En omettant ce contexte, l’article n’éclaire pas le langage, il déforme la réalité. S’il démontre quelque chose, c’est précisément la « neutralisation morale » qu’il prétend dénoncer, en brouillant la ligne entre ciblage délibéré et conséquences tragiques.
Vient ensuite l’affirmation globale sur l’empathie mondiale : lorsque la violence se produit en « Europe ou en Amérique du Nord… le monde entier est ébranlé », tandis que la dévastation dans des endroits comme Gaza ou Beyrouth serait accueillie par un silence relatif. Cela ne correspond tout simplement pas à la couverture saturée, aux manifestations et à l’attention internationale que ces conflits suscitent. Si déséquilibre il y a, il va souvent dans le sens inverse, avec une attention disproportionnée accordée aux actions d’Israël par rapport à d’autres conflits. Le cadrage de Hammoud repose sur l’ignorance de cet écosystème médiatique plus large.
Le positionnement de l’autrice mérite également examen. Présentée par Le Devoir comme une « psycholinguiste », le travail récent de Hammoud (depuis l’an 2000) se situe dans les arts visuels, où sa biographie affirme que « la main de Raja Hammoud donne toujours naissance à une ouverture à l’autre ». Cette aspiration est difficile à concilier avec un texte qui revendique l’universalité tout en restant fermement confiné à un récit unique et sélectif.
L’ouverture exige d’affronter la complexité, même lorsqu’elle est inconfortable, et non de la lisser au moyen d’affirmations généralisées sur les « mots » et la « violence », comme l’a fait Raja Hammoud.






