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François Leblanc’s June 13 opinion column in La Presse entitled: “No, I’m not going to let go,” served up a flowery guilt-trip about privilege, backyard berries, and the horrors of war – perfect for those who like their moral outrage with a side of jam. As he depicted his strolls in the French city Strasbourg and gardening in Montreal, he sharply contrasted the peace of his own surroundings with the situation in Gaza. “Meanwhile, thousands of Palestinians are starving to death, deprived of humanitarian aid,” he wrote, framing this suffering as evidence of global indifference and moral failure.
But this framing collapsed the situation into a one-sided narrative that obscures the facts and misplaces blame. For example, to state unequivocally that Palestinians “are starving to death, deprived of humanitarian aid” ignores significant efforts currently underway to ensure aid delivery to civilians. In late May, Israel announced the launch of the Gaza Humanitarian Foundation, a dedicated mechanism intended to provide food, water, and medical supplies directly to Gaza’s civilian population. As of June, the Foundation was reportedly delivering over 2.5 million meals per day, making it one of the largest humanitarian operations in the region. The initiative, supported in coordination with the U.S., seeks to bypass Hamas, whose track record of aid diversion is well-documented, in order to reach those most in need.
Are these efforts perfect? Far from it. The logistical challenges are immense. Reports have surfaced of chaotic aid distributions, miscommunication between security forces and civilians, and even deadly incidents at convoy points as Hamas has opened fire on civilians accessing aid. Dodging Hamas while providing aid is certainly a significant challenge. To portray the situation as one in which Gaza is utterly “deprived of humanitarian aid” is, at best, misleading and at worst, a rhetorical flourish that erases the reality of ongoing relief operations.
Leblanc insists that the world’s richest countries are looking away, writing, “the Palestinian people are abandoned; the world’s richest nations look the other way, indifferent.” But here again, the claim falters under scrutiny. The war in Gaza has dominated international headlines and inspired coordinated, high-level responses. The Canadian government, along with several others, has issued formal statements condemning Israeli operations and urging restraint, often without parallel criticism of Hamas. The European Union has pressed Israel on proportionality and civilian safety. If anything, the global response to the war in Gaza is disproportionately robust compared to other active humanitarian disasters that receive far less media or diplomatic attention.
Consider two examples. In Ethiopia’s Tigray region, reports continue to emerge of atrocities committed by both government and rebel forces: ethnic cleansing, rape as a weapon of war, and deliberate starvation. Yet the global response has been tepid, and media attention fleeting. Similarly, the ongoing persecution of the Uyghur population in China, with over a million people subjected to forced internment, cultural erasure, and forced labour, has prompted little more than rhetorical protest from Western democracies. By contrast, Gaza receives constant attention, not abandonment.
Leblanc’s call for reflection may be sincere, but it leans too heavily into emotional absolutes while glossing over key players in this tragedy. He asks, “at what point do we stop being powerless?” But power does not emerge from sentimentality. If he truly wants to “transform our helplessness into political action,” the first step would be to look beyond fashionable moral binaries and examine the actual dynamics at play. That means recognizing that Hamas is not a passive victim in this war. It is a governing entity that has chosen violence as its primary tool, launching thousands of rockets at Israeli civilians, embedding its military infrastructure in hospitals and schools, and refusing ceasefire agreements that do not preserve its power.
What is too often omitted in pieces like Leblanc’s is that Israel has a responsibility to protect its citizens against the genocidal aims of Hamas, as outlined clearly in Hamas’ own charter and repeated in their public declarations. That’s not rhetoric, it’s policy. And it places Israel in the impossible position of attempting to dismantle a terror group that uses civilians as human shields, while facing condemnation for the very civilian casualties that Hamas actively engineers.
Leblanc’s nostalgia-tinged despair – his longing for a moment where he can say Canadians are “on the right side of history” – sentimentalizes a war that demands far more intellectual and moral precision. True moral clarity comes not from poetic contrasts or garden metaphors but from sober recognition of complexity. One can and must grieve the innocent lives lost in Gaza without papering over the role of Hamas in prolonging that suffering.
If the author genuinely wishes to “not let go,” then he must not let go of nuance either. Let him write another letter, not to Mark Carney, but to Hamas’ leadership, demanding that they release hostages, permit unfettered aid distribution to the people they claim to defend, stop launching rockets, disarm and surrender. That, too, would be a step toward moral courage.
Le chroniqueur de La Presse, François Leblanc, s’exprime avec poésie sur Gaza, dans un commentaire chargé d’émotion et largement dépourvu de faits.
Le 13 juin, François Leblanc a publié dans La Presse une chronique intitulée « Non, je ne vais pas lâcher prise », dans laquelle il évoque ses privilèges, les petits fruits de son jardin et les horreurs de la guerre, ce qui est parfait pour ceux qui aiment que leur indignation morale soit agrémentée de confiture. En décrivant ses promenades dans la ville française de Strasbourg et ses travaux de jardinage à Montréal, il a vivement contrasté la paix de son environnement avec la situation à Gaza. « Pendant ce temps, des milliers de Palestiniens meurent de faim, privés d’aide humanitaire », écrit-il en présentant cette souffrance comme une preuve de l’indifférence et de l’échec moral de la communauté internationale.
Mais ce cadrage réduit la situation à un récit unilatéral qui obscurcit les faits et rejette la responsabilité sur d’autres. Par exemple, affirmer sans équivoque que les Palestiniens « meurent de faim, privés d’aide humanitaire » ne tient pas compte des efforts considérables actuellement déployés pour garantir l’acheminement de l’aide aux civils. Fin mai, Israël a annoncé le lancement de la Fondation humanitaire de Gaza, un mécanisme spécialisé destiné à fournir de la nourriture, de l’eau et des fournitures médicales directement à la population civile de Gaza. En juin, la Fondation livrait plus de 2,5 millions de repas par jour, ce qui en fait l’une des plus grandes opérations humanitaires de la région. Cette initiative, soutenue en coordination avec les États-Unis, vise à contourner le Hamas, dont les antécédents en matière de détournement de l’aide sont bien documentés, afin d’atteindre ceux qui en ont le plus besoin.
Ces efforts sont-ils parfaits ? Loin de là. Les défis logistiques sont immenses. Des rapports ont fait état de distributions d’aide chaotiques, de mauvaise communication entre les forces de sécurité et les civils, et même d’incidents mortels aux points de passage des convois, le Hamas ayant ouvert le feu sur des civils accédant à l’aide. Esquiver le Hamas tout en fournissant de l’aide est certainement un défi de taille. Présenter la situation comme celle d’une bande de Gaza totalement « privée d’aide humanitaire » est, au mieux, trompeur et, au pire, une fioriture rhétorique qui efface la réalité des opérations de secours en cours.
M. Leblanc insiste sur le fait que les pays les plus riches du monde détournent le regard, écrivant que « le peuple palestinien est abandonné ; les nations les plus riches du monde regardent ailleurs, indifférentes ». Mais là encore, l’affirmation vacille à l’examen. La guerre à Gaza a fait les gros titres de la presse internationale et a inspiré des réponses coordonnées à haut niveau. Le gouvernement canadien, comme plusieurs autres, a publié des déclarations officielles condamnant les opérations israéliennes et appelant à la retenue, souvent sans critiquer parallèlement le Hamas. L’Union européenne a insisté auprès d’Israël sur la proportionnalité et la sécurité des civils. En tout état de cause, la réaction mondiale à la guerre de Gaza est disproportionnée par rapport à d’autres catastrophes humanitaires actives qui reçoivent beaucoup moins d’attention de la part des médias ou des diplomates.
Prenons deux exemples. Dans la région du Tigré, en Éthiopie, des rapports continuent de faire état d’atrocités commises tant par le gouvernement que par les forces rebelles : nettoyage ethnique, viol comme arme de guerre et famine délibérée. Pourtant, la réaction mondiale a été tiède et l’attention des médias fugace. De même, la persécution actuelle de la population ouïghoure en Chine, avec plus d’un million de personnes soumises à l’internement forcé, à l’effacement culturel et au travail forcé, n’a guère suscité plus que des protestations rhétoriques de la part des démocraties occidentales. En revanche, Gaza fait l’objet d’une attention constante, et non d’un abandon.
L’appel à la réflexion de M. Leblanc est peut-être sincère, mais il s’appuie trop sur des absolus émotionnels tout en passant sous silence les principaux acteurs de cette tragédie. Il demande « à quel moment cessons-nous d’être impuissants ? ». Mais le pouvoir n’émerge pas de la sentimentalité. S’il veut vraiment « transformer notre impuissance en action politique », la première étape consisterait à dépasser les schémas moraux à la mode et à examiner les dynamiques réelles en jeu. Cela signifie qu’il faut reconnaître que le Hamas n’est pas une victime passive dans cette guerre. Il s’agit d’une entité dirigeante qui a choisi la violence comme outil principal, en lançant des milliers de roquettes sur les civils israéliens, en implantant son infrastructure militaire dans les hôpitaux et les écoles, et en refusant les accords de cessez-le-feu qui ne préservent pas son pouvoir.
Ce qui est trop souvent omis dans des articles comme celui de M. Leblanc, c’est qu’Israël a la responsabilité de protéger ses citoyens contre les objectifs génocidaires du Hamas, comme le souligne clairement la charte du Hamas et comme le répètent ses déclarations publiques. Ce n’est pas de la rhétorique, c’est de la politique. Et cela place Israël dans la position impossible d’essayer de démanteler un groupe terroriste qui utilise des civils comme boucliers humains, tout en étant condamné pour les pertes civiles que le Hamas génère activement.
Le désespoir teinté de nostalgie de M. Leblanc – sa nostalgie d’un moment où il pourrait dire que les Canadiens sont « du bon côté de l’histoire » – sentimentalise une guerre qui exige bien plus de précision intellectuelle et morale. La véritable clarté morale ne vient pas des contrastes poétiques ou des métaphores de jardin, mais de la reconnaissance sobre de la complexité. On peut et on doit pleurer les vies innocentes perdues à Gaza sans occulter le rôle du Hamas dans la prolongation de ces souffrances.
Si l’auteur souhaite réellement « ne pas lâcher prise », il ne doit pas non plus renoncer à la nuance. Qu’il écrive une autre lettre, non pas à Mark Carney, mais aux dirigeants du Hamas, pour leur demander de libérer les otages, de permettre la distribution sans entrave de l’aide au peuple qu’ils prétendent défendre, de cesser de lancer des roquettes, de désarmer et de se rendre. Cela aussi serait un pas vers le courage moral.






